Algorithmic readings of Bertillon's portrait parlé
Lectures algorithmiques du portrait parlé de Bertillon
From Algolit | By Guillaume Slizewicz
First shown at the Mundaneum (Mons) in the framework of the "data workers" exhibition, 2019.
Par Algolit | De Guillaume Slizewicz
Première exposition au Mundaneum (Mons) dans le cadre de l'exposition "Data workers", 2019.
Written in 1907, Un code télégraphique du portrait parlé is an attempt to translate the 'spoken portrait' (a face-description technique created by Alphonse Bertillon, the inventor of legal anthropometry in Paris) into numbers. By implementing this code, it was hoped that faces of criminals and fugitives could easily be communicated over the telegraphic network in between countries. In its form, content and ambition this text represents our complicated relationship with documentation technologies.
Écrit en 1907, Un code télégraphique du portrait parlé est une tentative de traduire le "portrait parlé" (une technique de description du visage créée par Alphonse Bertillon, inventeur de l'anthropométrie judiciaire à Paris) en nombres. En appliquant ce code, on espérait que les visages des criminels et des fugitifs pourraient être facilement communiqués via le réseau télégraphique entre les pays. Par sa forme, son contenu et son ambition, ce texte représente notre relation complexe avec les technologies de documentation.
This text sparked the creation of the installations for three reasons:
Ce texte a suscité la création des installations pour trois raisons :
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First, the text is an algorithm in itself, a compression algorithm, or to be more precise, the presentation of a compression algorithm. It tries to reduce the information to smaller pieces while keeping it legible for the person who has the code. In this regard it is linked to the way we create technology, our pursuit for more efficiency, quicker results, cheaper methods. It represents our appetite for putting numbers on the entire world, measuring the smallest things, labeling the tiniest differences. This text itself embodies the vision of the Mundaneum.
Premièrement, le texte est un algorithme en soi, un algorithme de compression, ou pour être plus précis, la présentation d'un algorithme de compression. Il tente de réduire l'information en plus petits morceaux tout en la gardant lisible pour celui qui possède le code. À cet égard, il est lié à la façon dont nous créons la technologie, notre quête de plus d'efficacité, de résultats plus rapides, de méthodes moins coûteuses. Il représente notre appétit pour chiffrer le monde entier, mesurer les moindres choses, étiqueter les plus petites différences. Ce texte incarne la vision du Mundaneum.
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Second it is about the reasons for and the applications of technology. It is almost ironic that this text was in the selected archives presented to us in a time when face recognition and data surveillance are so much in the news. This text bears the same characteristics as some of today's technology: motivated by social control, classifying people, laying the basis for a surveillance society. Facial features are at the heart of recent controversies: mugshots were standardized by Bertillon, now they are used to train neural network to predict criminals from law-abiding citizens. Facial recognition systems allow the arrest of criminals via CCTV infrastructure and some assert that people's features can predict sexual orientation.
Deuxièmement, il s'agit des raisons et des applications de la technologie. Il est presque ironique que ce texte ait figuré dans les archives sélectionnées à une époque où la reconnaissance faciale et la surveillance des données font tant parler d'elles. Ce texte porte les mêmes caractéristiques que certaines technologies actuelles : motivé par le contrôle social, classifiant les gens, jetant les bases d'une société de surveillance. Les traits du visage sont au cœur de controverses récentes : les photos d'identité judiciaire ont été standardisées par Bertillon, elles sont maintenant utilisées pour entraîner des réseaux de neurones à distinguer les criminels des citoyens respectueux de la loi.
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The last point is about how it represents the evolution of mankind's techno-structure. What our tools allow us to do, what they forbid, what they hinder, what they make us remember and what they make us forget. This document enables a classification between people and a certain vision of what normality is. It breaks the continuum into pieces thus allowing stigmatization/discrimination. On the other hand this document also feels obsolete today, because our techno-structure does not need such detailed written descriptions about fugitives, criminals or citizens. We can now find fingerprints, iris scans or DNA info in large datasets and compare them directly. Sometimes the technological systems do not even need human supervision and recognize directly the identity of a person via their facial features or their gait. Computers do not use intricate written language to describe a face, but arrays of integers. Hence all the words used in this documents seem désuets, dated. Have we forgotten what some of them mean? Did photography make us forget how to describe faces? Will voice-assistance software teach us again?
Le dernier point concerne l'évolution de la technostructure humaine. Ce que nos outils nous permettent de faire, ce qu'ils interdisent, ce qu'ils entravent, ce qu'ils nous font retenir et ce qu'ils nous font oublier. Ce document permet une classification entre les gens et une certaine vision de la normalité. Il brise le continuum en morceaux, permettant ainsi la stigmatisation/discrimination. D'autre part, ce document semble aujourd'hui obsolète, car notre technostructure n'a plus besoin de descriptions écrites aussi détaillées des fugitifs ou des citoyens. Nous pouvons désormais trouver des empreintes digitales, des scans d'iris ou des informations ADN dans de grands ensembles de données. Les ordinateurs n'utilisent pas de langage écrit complexe pour décrire un visage, mais des tableaux d'entiers. Ainsi, tous les mots utilisés dans ce document semblent désuets. Avons-nous oublié ce que certains signifient ? La photographie nous a-t-elle fait oublier comment décrire les visages ?
Writing with Otlet
Écrire avec Otlet
Writing with Otlet is a character generator that uses the spoken portrait code as its database. Random numbers are generated and translated into a set of features. By creating unique instances, the algorithm reveals the richness of the description that is possible with the portrait code while at the same time embodying its nuances.
Écrire avec Otlet est un générateur de caractères qui utilise le code du portrait parlé comme base de données. Des nombres aléatoires sont générés et traduits en un ensemble de caractéristiques. En créant des instances uniques, l'algorithme révèle la richesse de la description possible avec le code du portrait tout en incarnant ses nuances.
An interpretation of Bertillon's spoken portrait.
Une interprétation du portrait parlé de Bertillon.
This work draws a parallel between Bertillon systems and current ones. A webcam linked to a facial recognition algorithm captures the beholder's face and translates it into numbers on a canvas, displaying it alongside Bertillon's labelled faces.
Cette œuvre dresse un parallèle entre les systèmes de Bertillon et les actuels. Une webcam liée à un algorithme de reconnaissance faciale capture le visage du spectateur et le traduit en nombres sur une toile, l'affichant aux côtés des visages étiquetés de Bertillon.
References
Neural network learns to identify criminals
Wikipedia: Bertillonnage
Case Study: Criminal Machine Learning
Installation View: Mundaneum (Mons), 2019. Photo: Javier Lloret.
Alphonse Bertillon, "Tableau synoptique des traits physionomiques…", ca. 1909 (Public Domain, The Met).